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EXPOSITION “What concerns us” d’Hilario Isola

February 14 @ 8h00 - June 14 @23h30

€3
Photo de l'œuvre Aruspice

Exposition What concerns us d’Hilario ISOLA

Exhibition of 14 February to 14 Youri Cayron's creative documentary focuses on working-class memory and the history of the Tanneries de Barjols and mixes archive images and images 2026

Le Centre d’art contemporain de Châteauvert de l’Agglomération Provence Verte est heureux de présenter l’exposition personnelle de l’artiste italien Hilario Isola, qui vit et travaille entre Turin et Bagnolo. Intitulée What concerns us, this exhibition brings together for the first time a set of works that, comparisons, compose a unique gallery of portraits within his practice. Certaines pièces sont issues de séries existantes — I Mani, In Philosophy, The Scientists, Aruspice — tandis que d’autres ont été spécialement conçues pour l’exposition, in resonance with the agricultural context, natural and historical of Provence Verte. This dialogue between old and new works reveals an underground line of force in the artist's work : le visage comme seuil, comme interface sensible entre ce que nous voyons et ce qui nous regarde.

Ce qui nous regarde se présente à nous en clair-obscur, Hilario Isola compose ici une nouvelle galerie, non pas uniquement de portraits, mais également de figures inassignables, de visages dérobés, d’apparitions fragmentaires : les œuvres ne se donnent pas immédiatement, elles se tiennent à la lisière du visible, dans un régime d’ombre et de veille, l’exposition est en quelque sorte construite comme un théâtre de la réversibilité du regard : les œuvres ici déployées ne sollicitent pas la reconnaissance, mais l’attention. Elles ne figurent pas, elles regardent.

By choosing to title the exhibition after the title of Georges Didi-Huberman’s essay (What we see, what concerns us, 1992), Isola immediately creates tension. It is no longer simply a matter of seeing – but of knowing oneself seen. To abandon the illusion of a sovereign gaze, to enter into a dialectic where the image is no longer an object to be captured, but a subject to meet. As in the Platonic allegory of the cave, the visible is here a matter of projection, of movement, of partial revelation. What we take for enlightened forms may still be a shadow. And what seems to be only a shadow is perhaps what, most deeply, concerns us.

À travers ce parcours, Hilario Isola ne propose pas une exposition de portraits, mais une expérience du regard déplacé. Une expérience où la forme visage devient interface — entre mémoire et oubli, matière et esprit, geste et image. What we see, ici, ne se donne pas d’emblée. What concerns us, en revanche, persiste. Ici, l’apparition se déplace, s’élargit, se diversifie. Le regard n’est pas seulement archéologique : il devient éthique, poétique, politique. Il enveloppe la question du paysage, du rituel, de la technique, du souvenir et de la perte.
Chez Hilario Isola, le visage est toujours ce qui nous regarde. Et ce regard — discret, latent, persistant — nous oblige à voir autrement.

Ses œuvres ne naissent jamais d’un geste spectaculaire, mais d’un temps long. C’est une œuvre de dépôt, de présence lente, de transformation douce des matériaux. Elles activent une écologie de l’attention. Elles accueillent la poussière, la lumière, la moisissure, le souffle, le vide. Il y a toujours, dans ses pièces, un seuil à franchir — pas seulement spatial ou optique, mais sensible. Il faut consentir à ralentir, à déplacer son axe, à s’abandonner à l’indice plutôt qu’au signe. C’est un art de l’approche, qui ne cherche pas à produire des images, mais à révéler les conditions d’apparition.

On pourrait dire, avec Emanuele Coccia, que ces œuvres prolongent le vivant. Elles n’imitent pas la nature, elles en sont une continuité. Le filet agricole, la vigne, le sarment, le champignon ou la poussière de bauxite ne sont pas des matériauxinspirants” : ils sont co-auteurs. Ils travaillent avec l’artiste, ils agissent sur la forme, ils regardent aussi. Chaque œuvre est le lieu d’une porosité — entre corps et espace, entre humain et végétal, entre rituel et accident. Ainsi se tisse, à travers cette exposition, une forme de cosmopolitique du regard : un monde où voir signifie être affecté.

Ce qui nous regarde ne nous demande pas d’interpréter. Elle nous invite à éprouver. À nous tenir dans une présence élargie — où les visages ne parlent pas, mais veillent.

À propos de l’artiste

No and 1976 à Turin, Hilario Isola vit et travaille entre l’Italie et la France. Artiste et agriculteur, il développe depuis le début des années 2000 une œuvre sensible et conceptuelle nourrie par les formes de la nature, les gestes artisanaux et les phénomènes de transformation lente. Son travail a été présenté dans de nombreuses institutions en Europe et à l’international, notamment au NMNM – Nouveau Musée National de Monaco, au MUCEM (Marseille), à la Friche Belle de Mai, à Art in General et Artists Space (New York), au SculptureCenter (NY), au CCA de Montréal, à la Fondazione Sandretto Re Rebaudengo (Turin), au Museion de Bolzano, à la David Roberts Art Foundation (Londres) ou encore à la Fondazione Bevilacqua La Masa (Venise).

Details

Start:
February 14 @ 8h00
End:
June 14 @23h30
Cost:
€3
Event Categories:
,

Place

Centre d’Art contemporain de Chateauvert